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Dr Etienne Tshisekedi wa Mulumba

Dr Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA est né à Luluabourg, au Kasaï-Occidental, le 14 décembre 1932. Fils de Alexis MULUMBA et Agnès KABENA MWAKU. Il était marié à Marthe KASALU, originaire du territoire de Kabeya Kamwanga et du district de Tshilenge de la province du Kasaï-Oriental, avec qui il a eu six enfants. Son père qui était catéchiste était un homme assez rigoureux sur les principes très exigeants sur l’éducation. De fait, Dr Etienne TSHISEKEDI a eu une enfance studieuse et savait qu’on attendait de lui une réussite dans l’excellence. Il a fait ses brillantes études primaires à la mission catholique des Pères des Scheut à Kabuluanda (Kasaï-Occidental), secondaires et humanités Greco-Latines au Collège Saint Jean-Berchmans de Kamponde toujours au Kasaï-Occidental (de 1948 à 1955) et universitaires à la faculté de Droit de l’Université de Kinshasa (ex-Université Lovanium de Léopoldville), devenant ainsi le premier congolais à obtenir, en 1961, un diplôme de Docteur en Droit. Encore étudiant à la Faculté de Droit, entre 1958 et 1959, il s’est vu promu Conseiller au Mouvement National Congolais (Parti Politique), MNC en sigle, du Patrice Emery LUMUMBA. Il rejoint la fonction publique en Septembre 1960 en qualité de Commissaire Général Adjoint à la Justice dans le Collège des Commissaires Généraux (un gouvernement de technocrates mis en place, après le départ massif et brusque des Belges et après le Coup d’Etat militaire du 14 Septembre 1960 du Colonel MOBUTU, en vue d’assurer le fonctionnement normal de l’appareil de l’Etat, en attendant que les hommes politiques s’entendent.

Sa première expérience politique n’aura duré que 6 mois, jusqu'en Février 1961. Il sera nommé recteur de l’Ecole Nationale de Droit et de l’Administration (ENDA) courant 1961 jusqu'en 1964 où il a été nommé Commissaire aux comptes à la Banque nationale du Congo. Son come-back politique a été marqué par son élection en qualité de député national (PANACO/CONACO), 1965 – 1968, dans la circonscription électorale de Kabinda au Kasaï-Oriental pour servir le pays plus tard comme Ministre de l’Intérieur et des Affaires Coutumières. Un évènement important a eu lieu au cours de l’exercice de ses fonctions ministérielles le 24 juin 1967 ; la promulgation la Constitution de la 2ème République dont l’art. 4 stipulant qu’il ne peut y avoir plus de deux partis politiques en République Démocratique du Congo.

Le 6 mai 1968 il s’est vu confier le ministère de la Justice jusqu’à février 1969, date à laquelle il a été nommé Ministre d’Etat Chargé du Plan, de la Recherche Scientifique, de l’Aménagement du Territoire et de la Coordination de la Planification. Suite aux sérieuses divergences d’options politiques (le Maréchal Mobutu amorçait un revirement vers un monolithisme politique et faisait preuve d’intolérance face aux manifestations pacifiques des citoyens en ordonnant notamment le massacre des étudiants de Lovanium, le 4 juin 1969), il fut définitivement écarté du gouvernement. L’ancien ministre de Mobutu devenait de plus en plus gênant et représentait un danger bien réel pour le régime qu’il fallait éloigner à tout prix. En septembre 1969, il fut nommé Ambassadeur au Maroc. Poste qu’il occupa jusqu’à Février 1971.

Il a servi, de 1971 à 1974, comme député national de suite de sa brillante victoire dans la circonscription électorale de Kabinda au Kasaï-Oriental. Il a été ensuite élu 2ème puis 1erVice-président de l’Assemblée nationale ; membre du Conseil d’Administration de l’UNAZA (Université Nationale du Zaïre). De septembre 1977 à décembre 1980, il a servi comme député national et président du Conseil d’Administration de la compagnie AIR-ZAIRE.

Le Dr Etienne TSHISEKEDI a été élu, puis plusieurs fois réélu président de la Section Zaïroise de l’Association Internationale des Parlementaires de Langue Française «A.I.P.L.F» au cours de la période 1965-1980. A ce titre, il a participé à plusieurs conférences internationales et effectué plusieurs voyages à travers le monde (Europe, USA, Canada, Japon, Corée, Chine, pays africains, etc.).

La période allant de 1979 à 1999 a été marqué par le calvaire et le combat pour la démocratie. D’une manière générale, sa vie a été faite d’arrestations, de tortures de brimades, de pressions, de bannissements, de relégations et de résidences surveillées ; ce sort a été partagé avec son épouse, ses enfants ainsi que plusieurs de ses amis politiques. En juillet 1979, un groupe de treize Parlementaires ont adressé une lettre dont il a été cosignataire au Président Mobutu, dénonçant les violations des Droits de l’homme a l’occasion des «MASSACRES DE KATEKELAY» au Kasaï-Oriental, son fief électoral.

En décembre 1980, le Dr Etienne cosignataire avec les 13 Parlementaires de la «lettre ouverte au Président de la République», serons arrêtés, déchus de leurs mandats parlementaires, jetés en prison (lui à Kisangani d’abord dans la province Orientale, à Kabeya Kamwanga ensuite dans la Province du Kasaï-Oriental). Deux ans plus tard le 15 février 1982, ses amis Parlementaires signataires de la lettre et lui ont créé l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social » UDPS », Parti politique dont il était un des fondateurs et « Le Président national » jusqu'à sa mort le 1er février 2017. Peu de temps âpres sa création la création de l’UDPS, ses fondateurs ont été arrêtés et condamnés à 15 ans de prison ferme. Il a été envoyé dans la prison de Belingo, Territoire d’Oshwe, province de Bandundu.

En novembre 1983 il a été libéré et relégué dans son village d’origine (Mupomba) avec son épouse et ses enfants. L’année 1985 a été marquée par l’incendie criminel dans son village, sa relégation dans le territoire d’Isangi, Province Orientale, sa libération en fin février, suivi de son arrestation en octobre et sa condamnation à 18 mois de prison ferme à Makala dans la ville de Kinshasa pour «outrage au Chef de l’Etat ».

Libéré en février 1986, Dr Etienne a joui d’une liberté que de courte durée car il sera arrêté en juin de la même année pour être ensuite relégué dans son village d’origine (Mupompa) au Kasaï-Oriental. En 1987 il sera remis en liberté et va effectuer une tournée d’information politique en Europe, aux Etats-Unis d’Amérique et au Canada. Revenant de ce périple, il est brutalement interpellé et molesté à l’aéroport de Ndjili ; son seul crime est d’avoir porté la cravate au cou.

Face à son courage et sa détermination, rien et personne ne pouvait le stopper à poursuivre son combat et défier le régime de Mobutu.

Le 17 janvier 1988, il a vu sa liberté lui être arrachée à nouveau. L’opposant du Maréchal Mobutu a été arrêté et détenu à la prison centrale de Makala pour avoir organisé et animé un meeting au Pont Kasa-Vubu dans la ville de Kinshasa en commémoration du 27ème anniversaire de l’assassinat du premier Ministre Congolais P.E LUMUMBA.

Libéré le 11 mars 1988, Dr Etienne a été relégué à DUNGU d’abord, à MONGA ensuite, dans la Province Orientale, où il s’est retrouvé, pendant 5 mois, totalement coupé du monde. Le 22 septembre, il sera libéré. Le 1er mars 1989 il est placé en résidence surveillée à son domicile pendant près de 14 mois, privé du droit de recevoir toute visite et de sortir de sa résidence. Il sera remis en liberté le 24 avril 1990 et ensemble avec ses camarades, ils ont créé le Directoire National de l’UDPS, c-à-d. une présidence collégiale composée de quatre personnalités dont il sera membre.

Du 18 novembre 1990 au 24 février 1991 il va effectuer une nouvelle tournée d’information politique aux Etats Unis d’Amérique, au Canada et en Europe Occidentale. Il est reçu au Département d’Etat Américain et dans plusieurs milieux politiques ainsi qu’auprès des organisations de la Défense des Droits de la personne humaine. A son retour à Kinshasa (République Démocratique du Congo) le 24 mars 1991, il a été accueilli par près de 2 millions de ses compatriotes en liesse. Le 22 juillet 1991 il va être nominé, sans être consulté, par M. Mobutu en qualité de Premier ministre. Il décline cette nomination à la grande satisfaction du peuple Congolais.

Deux mois plus tard soit le 30 septembre 1991, il est désigné par consensus unanime des représentants de la classe politique réunis au palais de Marbre (résidence de M. Mobutu, lequel présidait cette réunion). Mais le gouvernement d’Union Nationale et de Salut Public qu’il venait ainsi de constituer a été empêché de fonctionner normalement par M. Mobutu dès la première semaine de ses activités.

Le 15 aout 1992, il est élu Premier Ministre Chef du Gouvernement par la Conférence Nationale Souveraine avec 72 % des suffrages exprimés (aux bulletins secrets); mais une fois de plus le gouvernement qu’il venait de constituer avait été mis par M. Mobutu dans l’impossibilité de fonctionner après 3 mois de gestion transparente du pays. Il est vrai que lors de son élection à la Conférence Nationale Souveraine, M. Mobutu lui avait opposé sans succès, quelques candidats acquis à sa cause et que son programme annonçait clairement un changement radical des mentalités et des méthodes de gestion ainsi que la réalisation des priorités fixées par le peuple réuni à la Conférence Nationale Souveraine.

Le 04 septembre 1993 il est investi en qualité de Chef de toute l’Opposition Démocratique Interne c-à-d de toutes les forces politiques et sociales acquises au changement démocratique dans une bipolarisation de la vie politique nationale.


Au cours de l’année suivante, 1994, il est présenté officiellement et régulièrement en qualité de Premier Ministre, conformément aux dispositions de l’Acte Constitutionnel de la transition (Art. 78) par la famille politique à laquelle n’appartenait pas le Chef de l’Etat Mobutu c’est-à-dire par l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale et Alliés. Le refus de M. Mobutu de respecter l’Acte Constitutionnel qu’il avait lui-même promulgué ouvre la voie à une grande crise politique qui allait être exploitée par une opposition armée dont M. Laurent Désiré Kabila était le porte-parole en 1996 – 1997.

Du 6 janvier au 26 fevrier 1996, tous les partis politiques de l’opposition à M. Mobutu et toutes les associations civiles acquises au changement tiennent leur congrès appelé Etats Généraux de l’Opposition » (EGO) pour dresser le bilan de leur lutte, redéfinir leurs objectifs et leurs stratégies ainsi que les structures nouvelles appelées à les animer dans cette nouvelle phase de combat. A l’unanimité de tous les participants, il est reconfirmé dans ses fonctions et rôle de Chef de file et de Chef de la famille politique opposée à celle de la mouvance présidentielle de M. Mobutu. Le 03 avril 1997, il est réhabilité en qualité de Premier Ministre par le Parlement de Transition (HCR – PT) : M. Mobutu souscrit formellement à cette réhabilitation, contraint par la tournure politique des événements. En effet, la rébellion armée, soutenue par le peuple, accumulait succès et victoires sur les forces mobutistes.


Trois jours plus tard, le 06 avril 1997, il a réhabilité toutes les Institutions politiques issues de la Conférence Nationale Souveraine à savoir : Le Président de la République, le Haut-Conseil de la République, le Gouvernement de Salut Public et les Cours et Tribunaux. Un mouvement moins apprécié par le M. Mobutu qui envoya le 09 avril 1997 ses forces armées pour empêcher au Dr Etienne Tshisekedi de rejoindre son bureau de travail (à la Primature) et de travailler. Tel que prédit plutôt par le Dr Etienne, le 16 mai 1997 le dictateur Mobutu prit la fuite vers un exil sans retour.


Le 17 mai 1997 la rébellion armée, soutenue militairement et massivement par des troupes étrangères (du Rwanda, de l’Ouganda et de l’Angola) entre à Kinshasa dans un enthousiasme populaire indescriptible. Laurent Désiré Kabila s’auto-proclame « Chef de l’Etat » à partir de son poste d’opérations militaires de Lubumbashi, au Katanga. Dès les premiers discours politiques de M. Kabila à Kinshasa le 23 mai 1997, il se révéla être un vrai dictateur sur les traces de M. Mobutu ; Dr Etienne s’est empressé de prévenir en ce sens l’opinion nationale et internationale de d’inviter le peuple Congolais a combattre cette nouvelle dictature.


Dans ses efforts d’amorphiser ce nouveau régime dictatorial allégué de libération, Dr Etienne mettra à la disposition de M. Kabila, le 25 mai 1997, 4 juristes de l’opposition démocratique interne pour l’aider à mettre sur pied un cadre juridique consensuel (qui proclame et protège les droits de l’homme, les libertés fondamentales et une gestion transparente) tel que voulu par le peuple à la Conférence Nationale Souveraine. C’est ce cadre qui devait régir le pays réconcilié jusqu’à la tenue des élections voulues libres démocratiques et transparentes. Des contacts politiques au niveau d’experts sont engagés en ce sens.


Le 26 juin 1997, un groupe des militaires l’arrêteront vers minuit, le brutaliseront et le séquestreront à la résidence du Commandant Masasu, alors Conseiller Spécial de M. Kabila. Sa libération a eu lieu le jour suivent, 27 juin. Le départ de son ennemi M. Mobutu n’a rien changé de son calvaire. Le 12 février 1998, une équipe des militaires l’arrêteront la nuit, le brutaliseront et le conduiront dans les cachots secrets de la Police Politique de M. Kabila, son nouveau ennemi.

Le prétendu libérateur aux tactiques du dictateur Mobutu a relégué le 13 février 1998 le Dr Etienne dans son village d’origine Kabeya-Kamwanga au (Kasaï-Oriental) et l’a mis en résidence surveillée. Le 1er juillet 1998, c’est dans le plus grand secret que sa libération et son retour a été organisé par la police de M. Kabila. Quelques jours plus tard, le 09 juillet, treize de ses collaborateurs venus le saluer à l’ occasion de son retour de sa relégation sont arrêtés et gardés aux cachots de la police politique du libérateur dictateur M. Kabila pendant près d’un mois. C’est pendant cette période de tension politique qu’éclatera, le 02 aout 1998, la deuxième guerre civile dirigée contre le régime de M. Kabila et, comme en 1996, activement et massivement soutenue par les forces armées étrangères (Rwanda, Burundi, Ouganda) ; tandis que M. Kabila recevait l’appui actif et massif de l’Angola, du Zimbabwe, de la Namibie, du Soudan, etc.

A ce jour, plusieurs cadres et combattants de l’UDPS sont toujours gardés soit dans des cachots secrets de la police politique de M. Kabila et soumis à des séances de torture ; soit dans des cellules de la prison centrale de Makala à Kinshasa. C’est le cas de quelques membres du Comité National, Parlement du Parti du Porte-parole de l’UDPS : de quelques membres des structures de base du Parti, ainsi que de simples combattants du parti. Leur seul crime est d’avoir réfléchi ou analysé la situation politique de manière différente de celle du régime Kabila ! ! ! C’est dans un appel solennel, pathétique et patriotique le 23 aout que Dr Etienne invitait toutes les parties belligérantes à arrêter la guerre et à privilégier la recherche d’une solution politique et diplomatique négociée à la crise Congolaise.


Le 04 septembre 1998, dans son mémorandum adressé à la Communauté Internationale (ONU, UE, OUA), au Président Kabila et aux pays voisins, il expliquait que l’origine de cette deuxième guerre civile résidait dans le manque de démocratie et dans la mauvaise gouvernance du pays par le régime Kabila; et que la solution ne pouvait être que politique et diplomatique, issue de négociations politiques entre les représentants du pouvoir de Kinshasa, de l’opposition armée et de l’opposition interne. Il proposais un plan de paix concret en ce sens.

Le 10 juillet 1999, Un accord de paix est signé à Lusaka entre toutes les parties en conflit. Une solution politique et diplomatique négociée est préconisée comme seul schéma incontournable pour ramener la paix et bâtir un nouvel ordre politique en RDC.

Il a rendu publique le 22 juillet 1999, au nom de toutes les forces politiques et sociales acquises au changement démocratique, la déclaration politique du parti par laquelle ils acceptaient formellement l’accord de paix de Lusaka ainsi que la facilitation du Père Mateo de la communauté Catholique Sant Egidio de Rome (en Italie).

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